samedi 8 mai 2010

Témoignage meurtrie .


Il était pourtant un garçon si charmant. Si gentil autre fois. Maintenant, c'est devenu un monstre, une bête de foire. Connu de tout le monde, surtout de certains fans de ce groupe de Metal, Rammstein. Il leur vouait comme un culte, une adoration envers eux. C'était ces Dieux, les seuls qui pouvaient le faire avancer, mais pas sur le bon chemin ...

Tout à commencer en 1994, je me souvient pas vraiment de la date exacte, il était en Allemagne à ce moment là, en voyage scolaire. Il avait 18 ans, je n'avais donc plus aucun droit sur lui. Il pouvait faire ce qu'il voulait. Il me raconta dans le détail son séjour tellement qu'il avait adoré. Surtout lorsqu'il avait été voir ce groupe. C'était, pour lui, comme une révélation. "Ils m'ont ouvert les yeux sur le monde" me disait-il. J'étais heureuse, enfin quelque chose qui l'intéresse. C'est à ce moment là qu'il a commencé à écrire son journal - que tout le monde connait maintenant. Il écrivait les paroles de ces chansons, les traduisaient et les interprétaient à sa manière. Il écrivait tout, le moindre détails sur eux, les reviews des concerts auxquels il assistait. Cette fan-addition était bon pour son moral, et sa dépression. Depuis la mort de son père, il lui manquai cette présence masculine. Il l'avait retrouvé grâce à ce groupe, je leur étais reconnaissante.

Les années passent, et les achats en tout genre augmentaient. Pulls, T-Shirts, Posters et même les sous-vêtements, tout était signé par ce groupe. Il était fière de tout cela, mais il ressentait un profond mal être tout de même. C'était surement cette présence masculine qui comblait ce manque, mais cela ne remplacera jamais le père qu'il a perdu. Il commença à avoir des problèmes liés à la justice. Tagger des murs avec des emblèmes Nazis, profaner des tombes ... Il sombrait de plus en plus. Les psychothérapeutes ni pouvaient rien, ils ne savaient pas quoi faire. Moi non plus. Vu que je n'avais plus cette emprise sur lui, il ne voulait plus m'entendre. Il quitta la maison et vécu dans la rue durant 1 an. Il se trouva une fiancée, puis une autre. Il disait que ces idoles faisait la même chose. Il voulait faire comme eux, il voulait être l'un d'eux. Je n'ai jamais su c'était lequel. Il les aimait tous.

Les démêlées avec la justice se font plus rare, mais je sais qu'il est toujours cet adolescent un peu retardé et qui croit à une race supérieur. Oui, c'était un Néo-Nazi. Depuis ce voyage, la découverte de ce groupe. Je pensais que c'était une bénédiction. J'avais, bien sûr, de lourds doutes en ce qui concernait l'origine de tout cela. Ce groupe lui a lavé le cerveau. je décida de m'intéresser d'un peu plus près à ce groupe. J'ai découvert plusieurs choses qui m'ont éclairé. Il n'est pas le seul à être comme ça. Plusieurs centaines d'entre eux était des Néo-Nazis. Je me disais donc, que ce n'était pas un cas isolé. Que d'autres femmes comme moi, on suivit leur enfant devenir comme le mien. Je voulais rencontrer ces femmes, mais cela était dur car certaine d'entre elles ne résidaient pas en France. Puis, en 1999, il y a eu cette tragédie. Ces deux adolescents, fans de ce groupe, ont tué douze lycéens et un professeur. J'étais sous le choc. Il était temps pour moi d'intervenir sur mon fils.

J'ai mis quelques années à le trouver. En 2008, la Police retrouva son dernier domicile. Il était temps, mais il est peut-être déjà trop tard. Je le trouva chez lui, dans un vieil appartement. Rien qu'à l'entrée, on ne voulait vraiment pas y rentrer. Sa porte était ornée de symbole, tous plus horrible les uns que les autres. Je me décida enfin d'entrer. Les murs étaient criblés de posters de Rammstein et de symboles fascistes. Il était affalé sur son canapé, ivre-mort surement. Cela m'étonnais guère. Je le réveilla en le frappant au visage. Il ouvrit les yeux. Je lui expliqua ce que je pensais de tout cela, lui disant que ce groupe n'apportait que la peine et la destruction. Il m'écoutait attentivement, et approuvait tout ce que je disais. Il me répond que ce groupe est sa vie, et qu'il pourra pas s'en séparer. "C'est ma raison de vivre, Maman, comprend-moi ! Sans eux, je suis rien !". Je me suis mise a écouté son discourt, tout en approuvant à mon tour ce qu'il disait. Cette discussion dura toute l'après-midi. Avant de partir, il me demanda de lui payer le dernier concert Rammstein, avant de tout arrêter. Cela me faisait plaisir. Tout cela allait prendre fin.

Il décida de retourner à Berlin pour les voir une dernière fois. Ce 20 Décembre 2009 devait être le plus beau jour de notre vie. Il était heureux, les revoir encore une fois l'enchantait grandement, mais il était aussi triste car "c'est la fin d'une grande histoire" disait-il. Nous entrâmes dans le Velodrome, la salle était pleine et nous étions tout devant. Le concert c'est bien déroulé, malgré les flammes que je n'ai pas apprécié. Nous rentrâmes à l'hôtel. Il était très heureux d'avoir pu partager ce moment avec moi. Il décida d'aller dans un bar, pour "fêter ça". Je ne voulais pas l'accompagné, j'étais trop fatiguée, mais je regrette maintenant ...

Le lendemain, mon fils n'était plus là. Je pensais qu'il avait eu du mal à retrouver son chemin, après une nuit follement arrosée. J'ai allumé la télévision, malgré le fait que tout était en allemand, je comprenais parfaitement. Les images valent souvent plus que des mots. Au Journal Télévisé, je vis cette vision d'horreur. Mon fils était là, à terre, gisant dans une marre de sang, à côté de lui, cet homme, que j'avais vu la veille, à la carrure imposante. Un certain Till Lindemann était lui aussi à terre, la tête vers le plafond de sa chambre d'hôtel, à ce que j'ai cru comprendre, la gorge tranchée. Sur le mur, un texte en allemand : « Und wünsch mir dass ich eine VATER hätte ». Les autorités allemandes pris contact avec moi. Ils m'expliquèrent comment c'est déroulé l'acte. Mon fils est entré dans la chambre avec Till, ils étaient tout deux alcoolisés. C'est là que mon fils sortit de sa poche un cran d'arrêt, selon les vidéos prisent, ces derniers mots aurait été : « Je vous aime, je vous aimais, et je vous aimerai, à jamais ». C'était donc lui, son "père de substitution". C'était à lui qu'il voulait ressembler.

Les autorités et les médias ont tirés tout deux les mêmes conclusions : Meurtre d'un chanteur charismatique par un fan hystérique. Les médias ont tout de suite voulu savoir ce que je pensais de cette histoire. Je leur racontais les faits, pas dans le détails et souvent je leur mentais. Je voulais, pour ainsi dire, étouffer l'affaire pour qu'on me laisse tranquille. Au bout d'un an, les médias ont décidé de me "lâché", me trouvant plus rentable. Maintenant, je me décide à écrire tout ce que j'ai pu ressentir durant ce moment, qui était le plus pénible de ma vie. Et je décide aussi d'avoir le fin mot de l'histoire. Mon fils n'a pas tué Till Lindemann parce que c'était un fan hystérique. Il l'a tué par pure égoïsme. Sachant que cet homme avait déjà des enfants, et même un petit-enfant, il savait qu'il ferait le "père idéal". Je pense qu'il voulait vivre heureux, avec son père, son idole et son "père de substitution" au royaume des cieux.

« Je t'aime, je t'aimais et je t'aimerai, à jamais »
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Je suis, bien sûr, fan de Rammstein, je n'est nullement voulu "descendre" ce groupe. Je voulais, pour ainsi dire, faire une critique sur les parents qui ont peur que leur(s) enfant(s), fan de Rammstein, deviennent comme celui-ci, et, j'ai voulu aussi, critiqué l'emprise médiatique du groupe qui est souvent critiqué pour ces textes &ect. qui sont provocateurs.