lundi 9 janvier 2012

Une dernière fois.





23 septembre 2011. Berlin.

« Vous avez un cancer … Je vous donne 3 mois à vivre … »

Je frappe sur le bureau de l’oncologue de toutes mes forces comme si je voulais le casser en deux. Ce n’est pas possible. Ils ont dût se tromper. Le médecin me montre les résultats qu’ils ont refaits à trois reprises. Il n’y a pas de doute, je suis en phase terminal. Je mets mes mains derrière la tête en m’affalant sur cette chaise inconfortable, je n’en reviens toujours pas. Je sens mon cerveau bouillir comme si j’allais exploser. La rage de me savoir malade sur cette dernière ligne droite. Je me lève et sort du bureau en trombe, ne laissant pas le temps à l’oncologue de me faire rester sur place. Dehors, j’ai l’impression de suffoquer. La colère m’empêche de respirer. Je m’arrête, je reprends mon souffle et repart de nouveau sur ma route. Caché sous ma capuche pour éviter que les gens me reconnaissent et pour leur éviter un coup dans leurs mâchoires, en option. J’arrive enfin à mon appartement toujours aussi vide. La seule façon de me soulager, c’est d’écrire, de composer, de jouer… Je catalyse cette colère comme je peux.

Je reçois l’appel de l’oncologue qui me prescrit mes médicaments. Je n’ai pas envi de les prendre. J’essais de marchander.

« Il y a forcement un autre moyen… Je peux vous payer vous savez… J’ai de l’argent… Beaucoup d’argent… Je suis sur qu’il y a un moyen pour que j’ai… quoi… 1 ou 2 mois de plus, non ?
Je voulais vous le dire au moment où vous êtes sorti : on ne peut plus vous aidez. Votre cancer est trop avancé. Seuls ces médicaments peuvent vous soulager… Je suis désolé. »

Je raccroche sans dire un mot. J’abandonne tout espoir de pouvoir assouvir mes désirs, qu’ils soient musicaux ou autres. Je me lève et m’assoit sur mon canapé. Je sors une bouteille de Whisky du bar qui est juste à côté, me sert un verre et le boit d’une traite. Je me mets à pleurer, sans pour autant émettre une émotion. J’ai peur de souffrir, j’ai peur pour mes amis, ma famille, peur pour le groupe… Dois-je le leur dire ? Mais si je leur dis, ils ne voudront plus reprendre la tournée. Je me lève en posant mon verre sur la table basse, prend mon reflex et part dans les rues de Berlin.

Toujours encapuchonné, j’exprime ma mélancolie en noir et blanc. Je trouve que le noir et blanc fait mieux ressortir les émotions, qu’elles soient heureuse ou non. Un couple qui s’embrasse devant un cerisier japonais, une vieille dame donnant à manger aux canards, une mère qui essai de faire marcher son enfant. Toutes ces choses que j’ai pu connaître et que je ne vivrais plus, et toutes ces choses que je ne pourrais pas connaître. Je me sens invincible avec mon appareil photo. Comme si le temps se figeait pour s’exprimer. J’étais comme un paparazzi, je me cachais derrière les buissons pour que les gens ne me voient pas.

Je rentre chez moi, les médicaments en poche, près à les ingérer. J’ai soudain plus envi. A la vue de ces deux gélules et ces trois comprimés, je n’ai plus la force de continuer. Le bruit de la sonnette m’interrompt dans ma réflexion. Je regarde par le judas, pour ne pas avoir de surprise. Till en train de se recoiffer, comme si il allait à un rendez-vous. J’essais de cacher mes médicaments de sa vu et lui ouvre la porte.

« Till !!! Que fais-tu ici ?
Tu ne te souviens pas ?...
- A vrai dire, je suis plutôt occupé, en regardant l’endroit où sont mes médicaments de peur qu’il ne les voie.
- Il y a une fille, c’est ça hein ? C’est pour ça que tu n’es pas venu tout à l’heure ?
- Tu sais très bien se que l’en pense de ce genre de chose…
- Mouai… Bon, c’est l’anniversaire de Marie-Louise, c’est pour ça que je suis venu. Tu veux toujours venir ?
- Euh… Sans vouloir te vexer…
- Hey ! Tu ne vas pas nous faire une déprime hein !
- … Bon aller ! Laisse-moi me préparer, je t’appel quand je suis près.
- Je peux t’attendre ici si tu… »

Je bloque la porte pour l’empêcher de passer, ce qui lui coupe la chique. « Ne te dérange pas pour moi. Je t’appellerai ! ». Son « o-k ! » d’un ton intrigué m’oblige à trouver une excuse potable.

Quelques heures plus tard, le groupe est réuni chez Till pour discuter de la reprise de la tournée. Tout le monde s’est chamaillé mais une date a été retenu : le 6 novembre. La pause de Noël/Nouvel an commence le 16 décembre et on reprend le 3 février… Je repense à mes trois mois de sursis. J’essais de me cacher le plus possible de mes camarades pour qu’ils évitent de voir la tristesse de mon visage. J’enfile les verres de Vodka et de Whisky jusqu’à ne plus pouvoir regarder mes pieds. J’essais tant bien que mal d’oublier. D’oublier cette putain de mutation de cellules qui m’a bousillé en si peu de temps et sans que je m’en rende compte. En y pensant, j’en ai les larmes aux yeux. Marie-Louise souffle ces bougies et c’est la fin de la fête pour moi. J’essais de m’esquiver en douce, rien à faire, je suis plein. Quelqu’un me porte, je n’arrive pas à voir qui c’est.

14h, je me réveille, la tête dans un étau. Je n’arrive même pas à reconnaître ma propre chambre. Et puis, je repense à la soirée d’hier soir, surtout au retour, qui m’a remmené ? Je me lève difficilement de mon lit, enfile quelque chose de décent, et va dans le salon. A ma grande surprise, je vis Paul, affalé dans mon canapé… Avec les médicaments à ces pieds… Pris de panique, je me décide à les cacher dans ma chambre le plus vite possible.

« C’est quoi ces médicaments ?
- C’est pour ma grand-mère, tu sais qu’elle est malade !
- Non…
- Bref, c’est pour elle ! »

Mon excuse marche car il s’est rendormi aussitôt. Mais j’hésitais à lui avouer la vérité. Je sais que je peux lui faire confiance. J’entre dans ma cuisine et me fait un café. Paul sursaute à l’odeur des croissants chauds et s’empresse de m’en piquer. Je crois que c’est lui qui va le plus me manquer. Ce n’est pas que j’aime moins les autres, mais c’est lui qui a eu le plus d’impact sur ma personne. On s’est mis à discuter de la tournée, les chansons et les effets pyrotechniques qu’on va utiliser sur chacune d’entre elles… ça dura toute l’après-midi. Vers 20h, il décida de rentrer chez lui. Je suis allé dans ma chambre, j’ai pris les mêmes médicaments que je devais prendre et j’ai encore eu ce bug. Toujours pas envi de les prendre. J’ai toujours aussi peur, ou c’est le fait que j’ai envi de raccourcir l’échéance ?... Je range les médicaments dans ma table de chevet, va dans le salon, allume la télé et m’évade dans les bras de Morphée …


26 novembre 2011. Berlin. 02 World.

3h avant le concert et j’ai toujours autant le trac. Mais se soir n’est pas un soir comme les autres, je le sens. Je prépare mes affaires méticuleusement. Schneider est avec moi et commence déjà à taper partout avec ces baguettes.

« Tu vas t’arrêter un peu ?!
- Tu me connais, je ne sais pas m’arrêter avant un concert ! »

On commence à partir vers la salle. Nous sommes rejoins par le reste de la bande et par le groupe Deathstar. On commence les balances et quelques essais pyrotechnique qui n’avait pas fonctionné la veille et quelques petite nouveauté. Après, on va dans nos loges. Je suis avec Flake, ça change un peu et j’adore sa compagnie. Il est toujours là pour me résonner, que ça soit moi ou les autres d’ailleurs. J’aide à le maquiller, ça n’a jamais été son point fort. Je me maquille à mon tour. Flake part voir les autres et j’en profite pour aller discrètement dans la loge de Paul et Schneider. Je pose une enveloppe sur ce qui semble être le coin de Paul et rejoins les autres. Le concert est sur le point de commencer. Nous avons tous notre Tequila dans la main, trinquons et la buvons d’une traite. J’ai cru que Flake allait vomir, il n’est pas fan de Tequila.

Nous allons sur scène. Les lumières s’éteignent puis rallument aussitôt et nous commençons à jouer. Ce fût intense pour moi. Je senti que c’était aujourd’hui que j’allais partir. Je prends beaucoup de plaisir à jouer. Plus que d’habitude. Les fans crient mon nom et je ne les remercierai jamais assez. Le feu me brûle et je ne sens plus rien désormais. Vient au tour d’Engel. Je donne tout ce que j’ai sur cette ultime chanson. Ces 4 minutes 30 ont duré une éternité pour moi. A la dernière note, je m’effondre. Les lumières s’éteignent. Paul coure vers moi, suivit de Flake et de Schneider. Ils tentèrent de me réveiller, mais c’était fini. Mon cœur cessa de battre sur cette dernière note.

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J’étais en pleurs. Il était dans mes bras, sans vie. Je ne savais pas quoi faire. Nous allons dans nos loges respectives, tout en ayant une dernière pensée pour notre ami. En m’asseyant, je vis cette enveloppe, l’ouvrit et la lis :

« Je voulais te le dire, le jour de l’anniversaire de Marie-Louise, mais je n’ai pas osé. J’avais trop peur. Peur de ta réaction et peur de moi-même. Ces médicaments qui t’intriguais n’étaient pas pour ma grand-mère, ils étaient pour moi. J’avais appris la veille que je souffrais d’un cancer et que je n’avais que trois mois à vivre. Je ne voulais pas vous le dire de peur qu’il n’y ait pas de tournée. Je sais, c’est très égoïste mais je voulais que ça se passe ainsi. Je voulais pouvoir profiter de ce moment une dernière fois avant de mourir. Tu passeras cette lettre aux autres si tu le souhaites. Vous serez à jamais dans mon cœur.

Je terminerai sur une strophe écrite de la main de mon plus grand ami qu’est Till : Dieu sait que je ne veux pas être un ange.

Richard. »

Je n’ai pas pu retenir mes larmes et ma colère. Il aurait dût nous le dire. On l’aurait soutenu. C’est tout lui, il ne sait pas dire les choses en face… Mais je ne peux pas lui en vouloir. Schneider entra dans la loge, me vit dans cet état, m’agrippa dans ces bras encore humide des larmes de nos amis et vit la lettre de Richard. Il eut la même réaction que moi, mais il comprit plus vite que moi. Till, Flake et Oliver nous rejoignit. Et dans une étreinte fraternelle, nous pleurâmes la mort de notre ami.

samedi 8 mai 2010

Témoignage meurtrie .


Il était pourtant un garçon si charmant. Si gentil autre fois. Maintenant, c'est devenu un monstre, une bête de foire. Connu de tout le monde, surtout de certains fans de ce groupe de Metal, Rammstein. Il leur vouait comme un culte, une adoration envers eux. C'était ces Dieux, les seuls qui pouvaient le faire avancer, mais pas sur le bon chemin ...

Tout à commencer en 1994, je me souvient pas vraiment de la date exacte, il était en Allemagne à ce moment là, en voyage scolaire. Il avait 18 ans, je n'avais donc plus aucun droit sur lui. Il pouvait faire ce qu'il voulait. Il me raconta dans le détail son séjour tellement qu'il avait adoré. Surtout lorsqu'il avait été voir ce groupe. C'était, pour lui, comme une révélation. "Ils m'ont ouvert les yeux sur le monde" me disait-il. J'étais heureuse, enfin quelque chose qui l'intéresse. C'est à ce moment là qu'il a commencé à écrire son journal - que tout le monde connait maintenant. Il écrivait les paroles de ces chansons, les traduisaient et les interprétaient à sa manière. Il écrivait tout, le moindre détails sur eux, les reviews des concerts auxquels il assistait. Cette fan-addition était bon pour son moral, et sa dépression. Depuis la mort de son père, il lui manquai cette présence masculine. Il l'avait retrouvé grâce à ce groupe, je leur étais reconnaissante.

Les années passent, et les achats en tout genre augmentaient. Pulls, T-Shirts, Posters et même les sous-vêtements, tout était signé par ce groupe. Il était fière de tout cela, mais il ressentait un profond mal être tout de même. C'était surement cette présence masculine qui comblait ce manque, mais cela ne remplacera jamais le père qu'il a perdu. Il commença à avoir des problèmes liés à la justice. Tagger des murs avec des emblèmes Nazis, profaner des tombes ... Il sombrait de plus en plus. Les psychothérapeutes ni pouvaient rien, ils ne savaient pas quoi faire. Moi non plus. Vu que je n'avais plus cette emprise sur lui, il ne voulait plus m'entendre. Il quitta la maison et vécu dans la rue durant 1 an. Il se trouva une fiancée, puis une autre. Il disait que ces idoles faisait la même chose. Il voulait faire comme eux, il voulait être l'un d'eux. Je n'ai jamais su c'était lequel. Il les aimait tous.

Les démêlées avec la justice se font plus rare, mais je sais qu'il est toujours cet adolescent un peu retardé et qui croit à une race supérieur. Oui, c'était un Néo-Nazi. Depuis ce voyage, la découverte de ce groupe. Je pensais que c'était une bénédiction. J'avais, bien sûr, de lourds doutes en ce qui concernait l'origine de tout cela. Ce groupe lui a lavé le cerveau. je décida de m'intéresser d'un peu plus près à ce groupe. J'ai découvert plusieurs choses qui m'ont éclairé. Il n'est pas le seul à être comme ça. Plusieurs centaines d'entre eux était des Néo-Nazis. Je me disais donc, que ce n'était pas un cas isolé. Que d'autres femmes comme moi, on suivit leur enfant devenir comme le mien. Je voulais rencontrer ces femmes, mais cela était dur car certaine d'entre elles ne résidaient pas en France. Puis, en 1999, il y a eu cette tragédie. Ces deux adolescents, fans de ce groupe, ont tué douze lycéens et un professeur. J'étais sous le choc. Il était temps pour moi d'intervenir sur mon fils.

J'ai mis quelques années à le trouver. En 2008, la Police retrouva son dernier domicile. Il était temps, mais il est peut-être déjà trop tard. Je le trouva chez lui, dans un vieil appartement. Rien qu'à l'entrée, on ne voulait vraiment pas y rentrer. Sa porte était ornée de symbole, tous plus horrible les uns que les autres. Je me décida enfin d'entrer. Les murs étaient criblés de posters de Rammstein et de symboles fascistes. Il était affalé sur son canapé, ivre-mort surement. Cela m'étonnais guère. Je le réveilla en le frappant au visage. Il ouvrit les yeux. Je lui expliqua ce que je pensais de tout cela, lui disant que ce groupe n'apportait que la peine et la destruction. Il m'écoutait attentivement, et approuvait tout ce que je disais. Il me répond que ce groupe est sa vie, et qu'il pourra pas s'en séparer. "C'est ma raison de vivre, Maman, comprend-moi ! Sans eux, je suis rien !". Je me suis mise a écouté son discourt, tout en approuvant à mon tour ce qu'il disait. Cette discussion dura toute l'après-midi. Avant de partir, il me demanda de lui payer le dernier concert Rammstein, avant de tout arrêter. Cela me faisait plaisir. Tout cela allait prendre fin.

Il décida de retourner à Berlin pour les voir une dernière fois. Ce 20 Décembre 2009 devait être le plus beau jour de notre vie. Il était heureux, les revoir encore une fois l'enchantait grandement, mais il était aussi triste car "c'est la fin d'une grande histoire" disait-il. Nous entrâmes dans le Velodrome, la salle était pleine et nous étions tout devant. Le concert c'est bien déroulé, malgré les flammes que je n'ai pas apprécié. Nous rentrâmes à l'hôtel. Il était très heureux d'avoir pu partager ce moment avec moi. Il décida d'aller dans un bar, pour "fêter ça". Je ne voulais pas l'accompagné, j'étais trop fatiguée, mais je regrette maintenant ...

Le lendemain, mon fils n'était plus là. Je pensais qu'il avait eu du mal à retrouver son chemin, après une nuit follement arrosée. J'ai allumé la télévision, malgré le fait que tout était en allemand, je comprenais parfaitement. Les images valent souvent plus que des mots. Au Journal Télévisé, je vis cette vision d'horreur. Mon fils était là, à terre, gisant dans une marre de sang, à côté de lui, cet homme, que j'avais vu la veille, à la carrure imposante. Un certain Till Lindemann était lui aussi à terre, la tête vers le plafond de sa chambre d'hôtel, à ce que j'ai cru comprendre, la gorge tranchée. Sur le mur, un texte en allemand : « Und wünsch mir dass ich eine VATER hätte ». Les autorités allemandes pris contact avec moi. Ils m'expliquèrent comment c'est déroulé l'acte. Mon fils est entré dans la chambre avec Till, ils étaient tout deux alcoolisés. C'est là que mon fils sortit de sa poche un cran d'arrêt, selon les vidéos prisent, ces derniers mots aurait été : « Je vous aime, je vous aimais, et je vous aimerai, à jamais ». C'était donc lui, son "père de substitution". C'était à lui qu'il voulait ressembler.

Les autorités et les médias ont tirés tout deux les mêmes conclusions : Meurtre d'un chanteur charismatique par un fan hystérique. Les médias ont tout de suite voulu savoir ce que je pensais de cette histoire. Je leur racontais les faits, pas dans le détails et souvent je leur mentais. Je voulais, pour ainsi dire, étouffer l'affaire pour qu'on me laisse tranquille. Au bout d'un an, les médias ont décidé de me "lâché", me trouvant plus rentable. Maintenant, je me décide à écrire tout ce que j'ai pu ressentir durant ce moment, qui était le plus pénible de ma vie. Et je décide aussi d'avoir le fin mot de l'histoire. Mon fils n'a pas tué Till Lindemann parce que c'était un fan hystérique. Il l'a tué par pure égoïsme. Sachant que cet homme avait déjà des enfants, et même un petit-enfant, il savait qu'il ferait le "père idéal". Je pense qu'il voulait vivre heureux, avec son père, son idole et son "père de substitution" au royaume des cieux.

« Je t'aime, je t'aimais et je t'aimerai, à jamais »
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Je suis, bien sûr, fan de Rammstein, je n'est nullement voulu "descendre" ce groupe. Je voulais, pour ainsi dire, faire une critique sur les parents qui ont peur que leur(s) enfant(s), fan de Rammstein, deviennent comme celui-ci, et, j'ai voulu aussi, critiqué l'emprise médiatique du groupe qui est souvent critiqué pour ces textes &ect. qui sont provocateurs.

samedi 27 mars 2010

Anatemnein


« T'as intérêt à me ramener plus de client que la dernière fois !
- Ouai ! »

Qu'est-ce qu'il peut me pomper l'air ! Je fais ce que je peux pour ramener des clients ! J'arrive à me faire 2000$ chaque nuits, et pour lui, c'est pas suffisant ! Il a qu'à le faire ce boulot ! Il sera belle en "princesse des milles et une nuits" ! Et, le pire, c'est qu'il pourrai ce faire plus de blé que moi ! Connard ! Tu crois que c'est une partie de plaisir ce métier ? Pute à Los Angeles ?! Pas trop non. Même si je zone sur Sunset Boulevard, il y a pas grand monde à ce mettre sous la dent ! Comme quoi, maintenant, les hommes mariés ne vont plus voir ailleurs et même les jeunes au moment du Spring Break ! « Aller ! Bouge ton cul ! » Ta Gueule John ! Je fais ce que je peux ! Putain, et dire que j'aurai pus faire avocate ! J'aurai dût continuer les études et ne pas plonger dans ce milieu.
« Salut Shauna !
- Salut Luna, t'as pas l'air en forme ?
- Ouai, c'est John, il me fait chier ! J'arrive pas à trouver des clients.
- Bah Merde ! Faut dire, en ce moment, il y a que pour les Escort Girls ! »
Ah ! Shauna ! C'est bien la seule pute avec qui j'ai pu sympathiser, et qui est devenu ma meilleure amie. Comme quoi, dans ce milieu, il y a pas que du mauvais !

Encore une nuit où je me fais pas beaucoup d'argent. C'est John qui va être content ! En plus d'être mon Mac, c'est un peu mon mari. Comment j'ai pu être embarquer là dedans. En même temps, si je m'étais pas marier avec lui, il aurai tout fait pour m'avoir. Et maintenant, je travail pour lui en vendant mon corps à d'autres hommes. Ça le gène pas, il s'en fout même. De toute façon, je sais qu'il va voir ailleurs, mais je dois fermer ma gueule, car si je l'ouvre, j'ai une dizaine de tueurs à gages à mes trousses... Je suis à lui, pour le meilleur, et surtout pour le pire. Et moi, ça devrait me gêner de faire cela ? Oui, ça me gêne. Mais je dois rien dire. Je lui en ai déjà parler de tout ça, mais je me suis retrouvée aux urgences avec un traumatisme crânien. Et dire que je pensais que c'était l'homme de ma vie, je me suis bien trompée ! C'est le pire homme qui soit. Tromper sa femme, la faire travailler en tant que prostituée, la battre jusqu'à ce qu'elle saigne et, le pire de tout, c'est de faire des enfants à d'autres femmes. Il en a eu trois, il ne me l'a jamais dit, mais je le sais, vu qu'il en a fait un à Shauna. Elle n'a pas pu tenir sa langue, honnête comme elle est. Elle m'a dit aussi qu'il l'avait menacer si elle disait quelque chose. Ça ne m'étonne pas à vrai dire. Mais bon, au lieu de faire des enfants aux autres, il a pas pu m'en faire. Je dois pas être assez bien pour lui, alors qu'il va voulu à tout prix. Je le comprendrai jamais.

Cette après-midi, je sors, avec Shauna, comme à mon habitude. Je n'aime pas rester chez moi sans rien faire, et surtout, rester avec John. On fait les boutiques, chics de préférence. La carte bleu de John, c'est bien le seul bien que John m'offre. Shauna, elle, n'a pas vraiment ce souci là, elle arrive à ce faire plus de 2000$ tout les soirs grâce à sa blondeur naturelle qui font d'elle une vrai bimbo à la Barbie. Moi, avec ma coloration blonde délavée, je fais un peu pétasse de l'ancien temps. Plus personne ne veut de ce genre de blonde, ils veulent tous cette blonde écervelée, qui c'est rien foutre à par baiser. Un peu à la Paris Hilton, en moins riche, bien sûr. Notre après midi passe vite, entre les magasins, les amusements et les jeux du chats et de la souris. Oui, John a envoyé ces gorilles pour nous surveiller. C'est de plus en plus fréquent en ce moment. Il croit que je l'ai pas remarqué, on ne voit que ça ! Trois gars énorme qui te suivent un peu de trop près. Il a dût les avoir pour deux dollars les trois ! Ça devait être en promos. J'en ai vraiment ras le bol !

A la fin de notre course effrénée, je remarqua un homme de l'autre côté du trottoir. Il n'a rien manqué de ce spectacle. Il avait l'air un peu effrayé et, en même temps, amusé. Il devait avoir la quarantaine, aussi baraqué que les gorilles qui nous suivait, mais il n'avait pas cet air con, il avait l'air triste, mélancolique. Il y avait quelque chose dans ces yeux qui m'attirait vers lui. L'envie de traverser la route pour le rejoindre m'est venu à l'esprit. Mais Shauna m'extirpe de ce rêve éveiller. « Qu'est-ce qu'il y a ? On dirait que t'as vu un fantôme ! ». Non Shauna, je n'ai pas vu de fantôme, j'ai juste vu un être magnifique de l'autre côté de la route. C'est bien la première que je ressens ça. Des papillons dans le ventre, la chaleur qui envahit tout mon être et un sourire abruti. Shauna se foutait littéralement de ma gueule. C'est la première fois qu'elle me voyait comme ça elle aussi. On se regarda. On comprit tout de suite. J'ai un faible pour cet homme que je reverrai sans doute jamais. « Je ne dirais rien à John, je te le promet ». Si tu promets alors ...

Ce soir est un nouveau soir. Encore une fois ce discourt incessant de John. « Ramène moi plus de fric ! Sinon, DEHORS ! ». Mais oui John, sans moi, t'es pas grand chose. C'est pour ça que t'envoies tes gorilles pour me suivre. Je zone encore dans ce bon vieux boulevard de Sunset, espérant de bien appâter le poisson avec la nouvelle mini-jupe et mon décolleté plus que plongeant. Enfin, une voiture. Une allemande noire, une Mercedez je crois, moi et les voitures ! Elle se stationne devant moi. Le poisson s'apprête à être prisonnier de mes filets. Il ouvra la vitre. Et là, dans un sursaut, les symptômes que j'avais cette après-midi sont revenu. C'était bel et bien lui. Le bellâtre de cette après-midi. Comme si il m'avait suivit. « Je ne pensais pas vous retrouver dans cette rue à une heure pareil ! Et surtout, dans cet attirail. ». Que répondre à ça ? J'avais la boule au ventre. Je décide enfin de lui répondre par une question que je répète depuis quelques années « ce sera pour la total ou il faudra un supplément ? ». J'ai jamais eu l'air aussi idiote de ma vie. « Et pour la vie, c'est possible ? ». Ma tête bouillonna, mes jambes vacillent, mon ventre grouille. J'étais plus qu'étonné de cette question. Cet homme qui m'a à peine vu dans la rue, est tombé sous le charme d'une prostitué sans le savoir. Il ouvra la porte, je monte dans son véhicule plus que clean et c'est là que commence notre virée vers un hôtel cinq étoiles pour passer la plus belle soirée de ma vie.

Nos corps fusionnèrent. La pôle Nord et Sud étaient enfin réunit pour ne faire qu'un. C'est la première fois que je ressentais autant de plaisir. Une fois, deux fois, trois fois. On en voulait toujours plus, on avait besoin de plus. On commença à fumer notre cigarette. Il débuta la conversation en me posant la question que je redoutais tant « depuis quand vous faites ce métier ? ». Je n'avais pas envie de lui mentir.
« Depuis que je suis mariée à mon maris, depuis 7ans.
- C'est votre maris qui vous oblige à faire ça ?!
- Et oui ! Il me voulait à tout prix, il m'a eu, et maintenant il me vent aux plus offrant.
- Quel connard !
- Vous l'avez dit ! Enfin, je pense qu'on peut ce tutoyer après ce qu'on vient de faire !
- T'as raison ! Je pense que cette magnifique créature a un nom ...
- C'est Lula. Et toi Chéris ?
- Till. »

Till. Nom pas très banal, en même temps, vu son niveau d'anglais et son accent, j'opte pour un allemand pure souche ! Notre conversation durera toute la nuit. Il me raconta sa vie, son groupe de musique, car oui, il est le chanteur d'un grand groupe de musique, "Rammstein" si j'ai bien compris. J'en ai jamais entendu parler. Je lui raconta aussi ma vie, sans trop entrer dans les détails. Il fût choqué de la manière dont John me traite, qui ne le serai pas en même temps. 7h, fin de mon "service". Il s'obstine à me payer, malgré le fait qu'on plus sympathiser qu'autre chose, enfin, façon de parler. Avant de partir, il m'a laissé son numéro de téléphone. Il avait vraiment envie de me revoir, moi aussi, à vrai dire. Cette nuit fût magique. Une des meilleure nuit que j'ai pu passer. J'ai très envie de le revoir.

Je rentre enfin chez moi. En retard, c'est bien la première fois. John m'attendais dans le salon avec Shauna. Il était assit dans son fauteuil en cuir avec son Whisky dans la main gauche. Shauna était derrière le fauteuil, à sa droite. Elle avait l'air coupage, et lui énervé. Je l'ai jamais vu comme ça. Je lâcha mon sac à main, qui s'écrasa sur le sol laissant tomber mascara et autres rouges à lèvres ce trouvant à l'intérieur.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il ce passe ?
- Comment ! Tu sais pas ce qu'il ce passe ! Shauna m'a tout raconter !
- Raconter quoi ?!
- Elle m'a raconté ton coup de foudre avec ce mec que t'as vu dans la rue, dit-il en se levant et en allant vers moi.
- John, tu sais, il y a des tas d'hommes dans la rue. »
Il fouilla dans mes poches et trouva le numéro de téléphone de Till.
« Et ça ! C'est quoi ?!
- Un numéro de téléphone.
- De qui ?!
- J'en sais rien !
- Comment ça, t'en sais rien ! "Pour toi Lula avec qui j'ai passé une pure nuit d'extase" ! Tu te fout pas un peu de ma gueule là ?!
- ... »

Que répondre à cette preuve. Il me montra le bout de papier sur le bout de mon nez, histoire que je vois bien de quoi il parle. Comme si j'étais idiote à ce point ! Shauna n'a pas bougé de derrière le fauteuil, de peur qu'il s'en prenne à elle aussi. Elle n'a pas cessé de me regarder, l'air apeuré et coupable de son geste. Elle savait très bien que je lui pardonnerai pas. John me lança cette dernière phrase : « Si tu le revois encore une fois, je te tus, t'as compris ?! ». Oui, c'est compris John, il y a pas plus compréhensible que toi ! J'acquiesçai d'un "oui" de la tête timidement. Il me regarda avec ces yeux noir et me donna un coup de poing dans le ventre qui me fit tomber à terre à ne plus me relever. Il continua avec des coups de pied au même endroit, histoire que je me relève jamais plus de ce sol. Après m'avoir infliger sa sentence et d'avoir quitter la pièce, Shauna s'empressa de me soutenir pour voir si tout allait bien. Je la voyais à peine, tout était flou et tout est devenu noir.

Encore une journée à l'hôpital à cause de cet enfoiré. Les médecins furent inquiet de mon état car à mon arrivée, j'ai fait une hémorragie interne et externe. Ils m'annoncèrent que j'étais enceinte. Comme je n'étais pas au courant de cette maternité aussi soudaine qu'éphémère, je n'émis aucune émotion à l'égard de cet embryon. Mais j'étais tout de même triste. J'aurai aimé être une mère. Mais avec un père comme John, je l'aurai pleins, ce pauvre enfant. Shauna était avec moi, essayant de ce faire repentir de ces fautes. Elle a tout de même fait quelque chose de bien, elle a contacté Till. Il doit bientôt arriver. En espérant qu'il soit là en tant que visiteur et non en tant que patient. Il arriva dans la chambre, avec cet air triste que je connais bien maintenant, un bouquet de roses entre ces mains. Il pausa le bouquet sur la table de chevet, m'embrassa et me susurra à l'oreille : « Je suis là, ne t'en fais pas. ». Ça me fait chaud au coeur, on m'a jamais dit ces mots. Mais j'avais toujours aussi peur. Peur que les gorilles de John entre dans la salle, me retire Till et qu'ils le battent à mort.

Je sors enfin de l'hôpital, les médecins me prescrivent les médicaments à prendre et me disent les dernières recommandations que je dois impérativement suivre. Dans ces recommandations, les relations sexuelles sont à proscrire. C'est John qui va être content, de l'argent en moins. Je sens que je vais y retourner dans cet hôpital. A la sortie de celui-ci, Till m'attendait, l'air inquiet. La peur m'envahit, que lui arrive-t-il ? Ce sont les gorilles de John qui lui font peur comme ça ? Je m'avance vers lui, je le sert fort contre moi, à ne plus avoir de souffle. Cette étreinte fût interrompu par l'arrivée de John. Il m'arracha des bras de Till, commença à la frapper, mais c'est Till qui avait le dessus. Il m'aida à me relever. On commença à partir lorsqu'un coup de feu retentit derrière moi. C'est chaud, puis ça devient froid, et à la fin, ça fait mal. La balle a touché mon dos, c'est logé derrière le sternum, en plein milieux du coeur.

L'amour n'a pas de logique, ni de sens. L'amour est juste un sentiment meurtrier ...

In Meinen Traümen


Je suis à Berlin. Qu'est-ce que je fout ici ? Je suis jamais venu ici mais j'ai l'impression de connaître cette ville sur le bout des doigts. Je me ballade tranquillement dans cette ville, éclairée par les infimes rayons de soleil qui s'échappaient des nuages gris qui encombraient ce ciel d'automne. Je sais où je vais sans le savoir. Mon esprit est ailleurs. Je pense à lui. Il me hantait depuis quelques années. Zven était présent dans mon esprit en permanence. Ce roi de la guitare aux pays des barbares me fascine. Sa prestance, son charisme, son physique alléchant, ces yeux bleu/vert, ces muscles, tout son être provoque en moi un bouleversement hormonal. Cette ville aussi me fascine, elle vu naître son groupe, Rammstein. Je sentais qu'il allait pleuvoir, je chercha donc un endroit où m'abriter. Je me retrouva dans un bar, au centre de Berlin. Assez "délabrer" on va dire. Mais, quand on a pas le choix ! Je m'assois au bar. Le barman me demande ce que je veux. Je fût surprise, je ne parle pas un mot d'allemand, et pourtant, je compris ce qu'il me disait. En même temps, qu'est-ce qu'un barman pourrait te demander d'autre ? Je lui répondis que je voulais une bière, dans un allemand plus que parfait. J'étais plus qu'étonnée. Je pris ma tête entre mes mains, en me posant une tonne de question. Pourquoi je suis ici ? Comment je suis arrivée là ? Comment ça ce fait que je parle étonnamment bien allemand ? Un homme s'assit à côté de moi. Plutôt jeune, la vingtaine, tout ou plus, des dreadlocks blondes sur son crâne, des yeux bleu/vert, une carrure imposante. Il me faisant penser à quelqu'un. « Une mousse Daniel STP ! - Bien Zven ! ». Mon Dieu ! Zven ! Le Zven ! Celui que j'admire depuis temps d'années. C'est pas possible, les seules photos que j'ai vu de lui ainsi coiffé date de ... 1980 ! Je deviens folle, c'est pas possible autrement. Il remarqua que mon regard étonné était posé sur son visage d'Ange déchu.

« On se connaît ? Me demanda-t-il
- Euh ... Je ne crois pas, enfin, je crois, surtout, vous avoir vu quelque part ...
- Tu peux me tutoyer tu sais, je vais pas te manger. C'est possible que tu m'aie vu, vu ton style vestimentaire, j'en déduis que tu écoute un genre de musique particulier. »
En effet, mon style n'est pas très banal, pour l'époque où je crois être. Un jean troué de partout, des DocMarteens, un T-Shirt de Kiss, une veste en cuir et une tignasses de cheveux terriblement noir que j'arbore sur un visage où mes yeux sont entouré de noir. Je me décide à enfin lui répondre après un court silence.
« Oui, j'aime le punk, le rock, enfin, des styles de musiques vraiment pas banal. Où je t'aurai vu ? Tu es connu dans le monde de la musique ?
- Oui, enfin, je fais parti d'un groupe, Orgasm Death Gimmicks tu connais ? »
C'est bien lui, le Zven que j'admire et dont je connais la biographie par coeur ! Mon visage ce crispa, il le remarqua, il a dût me prendre pour une folle.
« Oui, je connais plutôt bien même, je suis fan !
- Ah ! Je ne savais pas qu'on avait des fans ! En tout cas, pas aussi belle que toi. »
Mon Dieu, je me fais dragué par Zven Kruspe ! J'en reviens pas ! C'est un rêve, c'est pas possible autrement. Nos bières arrivèrent enfin, et c'est là qu'une conversation plus que passionnante commença. Il me parla de lui, de son groupe, de ces amis, surtout de Till, que je connaissais de Rammstein, évidemment, ainsi que les autres membre du groupe, ODG et Rammstein confondu, de son envie d'aller au USA. Je commença à parler de moi, mais pas trop car je connais un peu son avenir. Je lui parlais du groupe, de ma vie en Pologne puis en France.

Le feeling passait bien entre nous. Il me proposa donc d'aller chez lui. J'acceptai automatiquement, je ne pouvais pas refuser les avances de Herr Kruspe. Son appartement ce situai à Berlin-Est, c'est-à-dire, l'autre bout de la ville. On y alla à pied, sous une pluie battante, ça n'avait pas l'air de le gêner, il était même plutôt joyeux. « J'aime la pluie » disait-il. Il était bien le seul. Voyant mon désarrois sous ce temps, il me proposa son manteau. C'est le sourire aux lèvres que j'acceptai ce présent. Je ne l'ai pas perdu de tout le trajet. C'est le plus beau jour de ma vie. Je retourne dans une époque que je voulais depuis toujours connaître, dans une ville qui est une des plus belle à mes yeux et je rencontre par hasard l'homme de mes fantasmes que je connais depuis plus de dix ans et qui est pourtant si jeune. Le pied ! J'ai l'impression de rêver. On arrive enfin à son appartement, à Lychener Straße. Plutôt sale mais quand on arrive à Berlin avec peu d'argent, on ce contente du nécessaire. On monte, troisième étage, je peine à monter les marches alors que, d'habitude, je n'ai aucun mal. On entre, je vois un lieu quasi vide de meubles, que le strict nécessaire. Un lit, deux meubles de rangements, un four, une baignoire, une guitare et un kit de batterie. « Tu sais aussi jouer de la batterie ?! - Non, c'est pour un pote, quand il vient squatter, Schneider, je t'en ai parler tout à l'heure ». Oui, Schneider, le batteur du groupe Rammstein à mon époque. Enfin, il ne sais pas encore tout ça.

Il me propose de m'assoir, ce que je fais. Il me demande ce que je veux boire, mais il y a que deux options : Vodka ou Jus d'orange. Je lui répond instinctivement « les deux ! ». Mon addiction à ce liquide aura surement raison de moi. On commence à boire en ce racontant encore notre vie. C'est si bon de lui parler. Il a toujours de bons sujets de conversations. Je sais pas où il va chercher tout ça ! On parle encore de ces amis, surtout de Till, encore et toujours Till. C'est une inspiration pour lui, il le considère comme son frère, d'après ces dire. Il aimerait créer un groupe avec lui, mais pas comme batteur, comme chanteur. Je suis revenu aux prémices de Rammstein, j'aime ça. Un, puis deux, puis dix verres de Vodka-Orange. Nous étions ivres. Sa rigolait et sa parlait encore et toujours. Zven commençait à faire le pitre. Il jouait de la guitare affreusement bien même en étant bourré comme un coing. Puis, il ce mit à la batterie, par contre, là, il jouait affreusement mal ! J'étais plié en deux. Les larmes coulaient toutes seules. Il tomba du tabouret qui était derrière les futs et me prit par le bras. Sa force était démesurée, tellement démesurée que je me retrouva sur lui. Nous étions mort de rire, nos deux visages se frôlaient. Nos rires se tuent et on se regarda dans les yeux. J'avais envie de plonger dans ces yeux. Mes lèvres se rapprocha des siennes. Il n'eut aucune résistance de ça part. Seul le désir était présent. On se leva, il me prit dans ces bras chauds et musclés pour me transporter dans son lit. Cette étreinte dura des heures. Nos deux corps fusionnaient. Et d'un seul coup, plus rien. Un voile blanc couvra cette vision de pure extase. Un bruit insupportable résonnait dans mes oreilles. C'était ce putain de réveille qui sonnait. Je l'éteignit, et me rend compte que c'était, bel et bien un rêve. Le plus doux, les plus enivrant des rêves que j'ai pu faire. J'étais seule, mon lit était froid. J'étais bien en France, dans mon petit appartement de la banlieue parisienne. Putain, c'était qu'un rêve !